Rencontre avec Julien Moreau / Libraire d’ancien et moderne

Le libraire, en chair, en os et en vieux papier. Où l’on cause de livres anciens, du métier de bouquiniste/libraire d’ancien et de moderne, de Pyrénéisme, du rôle du libraire dans le passage de la mémoire, de l’aspect très physique des livres, etc.

Je vais laisser à Cédric Nöt du Faune / Collectif d’Art à Bagnères-de-Bigorre (l’auteur de la vidéo ), le soin de la présentation :

« Libraire d’ancien et moderne… si ce n’était que ça. Nous avons pris nos papattes de Faune, et nous sommes allés joyeusement gambader jusqu’en Val D’Azun (Arcizan-Dessus) pour nous rendre réellement compte de l’ampleur du phénomène Julien Moreau ! Tournoyant dans ses quelques mètres pas très carrés, la moustache toujours avide de mouvements labiaux, Julien nous décortique son « métier » de « bouquiniste »… mais si ce n’était que ça ? Ouvrages rares et parfois précieux ; parutions anciennes ; éditions lointaines, objets dingues ou simplement fabuleux ; photographies inertes d’un passé glorieux ; actes notariés ou papiers intra-familiaux… Ce fatras pour le moins organisé délimite notre rencontre. Nous ferons avec cette promiscuité… que la caméra s’attache à sonder l’homme maintenant ! Ni libraire, ni bouquiniste, ni philosophe, ni archéologue, ni fossoyeur… ni, niiii ! Non, Julien Moreau est un passeur, il navigue plein d’aisance et d’histoires folles sur ce Styx des générations passées. Il synthétise à gros coup de « fiches » ces siècles d’humanité ou de « Vies en Pyrénées », pour bientôt, en trois mots, nous faire toucher à l’essentiel. C’est plein d’humour qu’il vise le sérieux des seaux et avec une réelle délectation qu’il définit nos vanités ou l’ampleur de nos connaissances communes, parfois oubliées. Julien passe d’une culture à une autre sans sourciller, sans imaginer les multiples passerelles qu’il tisse entre Paul Mieille et un certain Ian McKaye, entre Le Le Salon du Livre Pyrénéen et les annuaires du Club Alpin… il s’éparpille serein. Un passeur, un vrai, que l’on écouterait des heures. Et si, tout autocentrés que nous sommes, nous revenons avec insistance sur le sujet « Bagnères-de-Bigorre », c’est pour mieux nous rappeler que Julien y a rudement œuvré, le samedi matin en particulier. Il ponctuait si bien notre marché de ses trouvailles hallucinantes, il nous causait du grand tout et des petits riens… Il était là, un brin hirsute, toujours passionné, pour faire en sorte que notre panier soit aussi garni d’idées. Et oui, tu nous manques à B2B ! C’est pour cela que nous nous sommes, nous aussi, improvisés passeur… d’une vallée à une autre pour colporter – très humblement – ce qui fait la magie des êtres.«