Irons-nous sur la Lune?

Fontenelle – Irons-nous sur la Lune?. 1962, Typographie Pierre Gaudin.Une très belle plaquette sous couverture rempliée en très belle reproduction du ciel nocturne, avec un beau bois en frontispice de Pierre Gaudin, et tirée sur papier à la main du Moulin Richard-de-Bas (Puy-de-Dôme) sous les auspices de Marius Péraudeau (1906-1992), propriétaire et animateur du moulin à papier susnommé.

Fontenelle – Irons-nous sur la Lune?. 1962, Typographie Pierre Gaudin.

Regards vers l’Annapurna (1951), un envoi de Louis Lachenal.

Belle émotion en ouvrant un exemplaire signé par Louis Lachenal du Regards vers l’Annapurna (1951), ouvrage qui a précédé le grand récit de Maurice Herzog, Annapurna, premier 8000. Louis Lachenal était vraiment un beau personnage, autant qu’un grimpeur de génie, profondément humain et intègre, ce qui fut moins le cas de son compagnon de premier 8000.

Christophe Cornelius, le dédicataire, fut lui même un autre de ces beaux personnages de montagne, pyrénéen celui-là, guide de haute montagne passé par Jeunesse & Montagne, le GDJ de Jean Arlaud et le Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne, un humble praticien des sommets des Pyrénées et un personnage, au fur et à mesure qu’on apprend à le connaître, fort intéressant et plutôt sympathique.

Culture(s) de Montagne, le 9 avril 2021 à Arrens-Marsous

« Culture(s) de Montagne »

est un évènement autour des cultures et pratiques de montagne, qui aura lieu à Arrens-Marsous la journée du mercredi 9 juin, de 10h à 19h sur le site de la salle des fêtes et du parking attenant, et qui prend place dans le cadre de la programmation du très beau festival de littérature éco-poétique Le Murmure du Monde.

L’évènement se propose de rassembler des acteurs du domaine littéraire pyrénéen au sens large, ainsi qu’un choix de producteurs et artisans issus du Val d’Azun et du Lavedan autour des thèmes de la montagne, de ses populations et des pratiques qui y prennent place afin de valoriser la dynamique propre d’un territoire pyrénéen.

Vous y retrouverez nos deux libraires locaux, le Kairn d’Arras-en-Lavedan, et la librairie Le Square de Lourdes, un libraire d’ancien avec Les Idées des Autres, deux éditeurs d’ouvrages touchant le domaine de la montagne pyrénéenne, sur ses deux versants, avec Le Pas d’Oiseau et les éditions de La Ramonda, le Parc National des Pyrénées avec ses publications, mais aussi la Société d’Études des Sept Vallées et son bulletin Lavedan et Pays Toy, la Revue pyrénéenne et la revue Pyrénées des Amis du Musée pyrénéen de Lourdes, le tout en partenariat avec l’association Binaros qui organise chaque année le Salon du Livre pyrénéen de Bagnères-de-Bigorre.

Attenant à la salle des fêtes, vous pourrez retrouver un marché de producteurs, artisans et acteurs de la vallée et du Lavedan, représentatif des productions et artisanats de ce territoire pyrénéen.

Le long de la journée, le duo Fario (chant/poésie/musique traditionnelle) proposera une déambulation/improvisation poétique en musique sur le site.

Ainsi, de manière complémentaire, l’évènement Culture(s) de Montagne propose de lier domaine littéraire et pratiques, anciennes et contemporaines, sur un site unique et sur une journée entière. L’évènement est porté par l’Association des Producteurs et Artisans du Val d’Azun qui fournissent logistique et suggestions.

« Le monde serait-il ensorcelé ? Quelque chose agit comme en surimpression de ce que nous connaissions. Notre monde meurt-il sans bruit ? Pas si sûr. Soyons attentifs à ce qu’il nous murmure.

Inventer un festival littéraire en pleine pandémie semble un pari risqué ; le placer sous le signe de l’écopoétique une urgence et une évidence.

Alors que l’on assiste, désemparé, à une bascule écologique, l’écopoétique interroge notre manière d’habiter le monde et elle le fait au prisme de la création artistique, à commencer par la littérature.

Cet espace de réflexion et de création offert au public constitue alors l’occasion de faire grandir notre attention sensible à son délitement comme – et surtout – à son inépuisable enchantement.

Les auteurs invités ont en commun de faire ce travail dans leurs livres. Romanciers, chercheurs, journalistes, poètes, dramaturges et artistes, ils sont conviés à se frotter aux paysages de montagne et faire entendre quel rapport ils entretiennent avec le vivant.

Le Val d’Azun comme tout le département des Hautes- Pyrénées constituent l’écrin idéal pour une manifestation pluridisciplinaire, participative, immersive et joyeuse.

C’est donc sous l’égide du génie du lieu que nous vous invitons à participer au murmure du monde. Une première édition pour penser, lire, écouter, écrire, marcher, imaginer… et se retrouver. »

Mathilde Walton – Programmatrice du festival le Murmure du Monde

Un « client » est parti

La librairie d’ancien, ce sont des livres, beaucoup, des vieux papiers, des salons, des adresses, de grands et petits évènements, des curiosités, des marchands grognons, des familles qui ont hâte de se débarrasser des tas de livres cumulés par des ancêtres qu’on a déjà un peu oublié, et aussi, et surtout, des rencontres, des clients qui deviennent des connaissances, pas vraiment des amis, mais des figures familières, qu’on apprend parfois à tutoyer, avec qui l’on développe des relations singulières, placées, certes, sous le signe du commerce, mais de ce commerce civilisé, rempli d’ambiguïté amicale et de passions partagées qui est le propre de notre métier.

Je viens d‘apprendre aujourd’hui le décès d’un « client ». Cela faisait quelques temps qu’il ne répondait plus au téléphone, mais qui répond encore à son téléphone sinon pour se voir proposer l’isolation de sa maison à un prix défiant toute concurrence ? Ses volets étaient toujours ouverts, mais c’était son frère qui s’occupait de sa maison semble-t-il. Bref, il est parti il y a trois semaines à ce qu’il m’a dit. Il est parti modestement, comme il a vécu, et à l’image de ses dernières volontés, sans acharnement ni grandiloquence.

Michel Lacrampe était toutefois un redoutable et très éclairé collectionneur d’ouvrages et de documents portant sur les Pyrénées et, chose plus rare chez cette catégorie de collectionneur, sur la Gascogne dans son ensemble. Il lisait ce qu’il achetait, ce qui est presque une anomalie chez ce type de boulimique de livres. Un homme discret à outrance, malgré ses béquilles et ses vêtements informes, qui cachaient l’homme de goût et une finesse rare, doublé d’un savoir immense et généreux. Il avait fait don, il y a peu, de son immense bibliothèque, cumulée depuis l’âge de 14 ans, à son village. Cela fait, il ne lui restait plus qu’à partir, petit à petit.

C’est quand son frère m’a annoncé son départ que j’ai compris que l’on ne peut pas faire ce commerce impunément. On apprend à connaître les gens, à les fréquenter, à partager leurs histoires, et, à la fin, quand ils ne sont plus là, ils nous manquent.

Rencontre avec Julien Moreau / Libraire d’ancien et moderne

Le libraire, en chair, en os et en vieux papier. Où l’on cause de livres anciens, du métier de bouquiniste/libraire d’ancien et de moderne, de Pyrénéisme, du rôle du libraire dans le passage de la mémoire, de l’aspect très physique des livres, etc.

Je vais laisser à Cédric Nöt du Faune / Collectif d’Art à Bagnères-de-Bigorre (l’auteur de la vidéo ), le soin de la présentation :

« Libraire d’ancien et moderne… si ce n’était que ça. Nous avons pris nos papattes de Faune, et nous sommes allés joyeusement gambader jusqu’en Val D’Azun (Arcizan-Dessus) pour nous rendre réellement compte de l’ampleur du phénomène Julien Moreau ! Tournoyant dans ses quelques mètres pas très carrés, la moustache toujours avide de mouvements labiaux, Julien nous décortique son « métier » de « bouquiniste »… mais si ce n’était que ça ? Ouvrages rares et parfois précieux ; parutions anciennes ; éditions lointaines, objets dingues ou simplement fabuleux ; photographies inertes d’un passé glorieux ; actes notariés ou papiers intra-familiaux… Ce fatras pour le moins organisé délimite notre rencontre. Nous ferons avec cette promiscuité… que la caméra s’attache à sonder l’homme maintenant ! Ni libraire, ni bouquiniste, ni philosophe, ni archéologue, ni fossoyeur… ni, niiii ! Non, Julien Moreau est un passeur, il navigue plein d’aisance et d’histoires folles sur ce Styx des générations passées. Il synthétise à gros coup de « fiches » ces siècles d’humanité ou de « Vies en Pyrénées », pour bientôt, en trois mots, nous faire toucher à l’essentiel. C’est plein d’humour qu’il vise le sérieux des seaux et avec une réelle délectation qu’il définit nos vanités ou l’ampleur de nos connaissances communes, parfois oubliées. Julien passe d’une culture à une autre sans sourciller, sans imaginer les multiples passerelles qu’il tisse entre Paul Mieille et un certain Ian McKaye, entre Le Le Salon du Livre Pyrénéen et les annuaires du Club Alpin… il s’éparpille serein. Un passeur, un vrai, que l’on écouterait des heures. Et si, tout autocentrés que nous sommes, nous revenons avec insistance sur le sujet « Bagnères-de-Bigorre », c’est pour mieux nous rappeler que Julien y a rudement œuvré, le samedi matin en particulier. Il ponctuait si bien notre marché de ses trouvailles hallucinantes, il nous causait du grand tout et des petits riens… Il était là, un brin hirsute, toujours passionné, pour faire en sorte que notre panier soit aussi garni d’idées. Et oui, tu nous manques à B2B ! C’est pour cela que nous nous sommes, nous aussi, improvisés passeur… d’une vallée à une autre pour colporter – très humblement – ce qui fait la magie des êtres.«